LA
MAISON DE MARÍA
J'ai dessiné le schéma pour le cours d´Esthétique de la danza, dicté par Andre Martin, sur le concept de
LAND ART de Schaeffer (1997) puisque je considère que sa construction est
circonstancielle à ce moment. Le corps est représenté par une ombre qui est une
projection d'un corps non visible.
Le Schéma est inspiré aussi par la MAISON-TERRITOIRE de Deleuze et Guattari
(1991).
La MAISON comme genèse de l´art. La maison comme un
système de fonctions à travers de lesquelles surgissent les qualités sensibles
qui se transforment en expression. La
maison est mon CORPS, mon ESPRIT et mon ÂME, avec un comportement corporelle clairement
déterminé par ma CULTURE (Schaeffer (1997) de laquelle je remarque ma famille, ma ville, ma mémoire,
et ma religion.
Avec le SCANNING d'Ehrenzweig (1982) j'assume certains des prémisses conscientes
dans Mon processus créateur (Sibony,
2005). Il est construit par PALIERS qui donnent une forme à une œuvre (Pouillaude). Certains des pièces
ou des œuvres se convertissent en paliers à travers du temps pour devenir une
œuvre future, à son tour comme des antécédents et des détonantes suivantes :
« J'ai besoin de comprendre ». Cette
inquiétude apparaît d'une forme consciente ou inconsciente comme un accident, motif ou état dans ma
maison (Sibony, 2005) et à partir d'elle
temporelle ou asynchrone, un processus se développe avec cette THEME o PROPOS
(Louppe, 1997). Après avoir essayé de déplacer les paradigmes qui soutiennent ma culture aux genres proposés par Heinich (1999),
classique, moderne, contemporain, mon concept se résume à mon genre comme
femme, avec tout un codage culturel et personnel constitué par de paliers et l’héritage.
Au-delà d'un transgression de
discipline dans mon processus créateur, je pars vers une transgression à mes
propres paradigmes personnels et d'un genre féminin.
Je prends l'amour
de Sibony comme une réponse, comme une œuvre, comme la tentative de communiquer
vers les inquiétudes qui se présentent. À nouveau un SCANNING qui a déjà digéré
le processus et qui se transforme en « J'ai besoin de dire » dans une
Chorégraphie ou un texte dans une danse.
PERCEPTION, SENSATION et IMAGINAIRE sont trois
éléments qui provoquent et sont provoqués entre eux pour se manifester dans une
forme gestuelle et pour générer un langage chorégraphique. Je m'approprie le
concept de PERCEPTION comme l’intention de faire une action de mouvement
(Berthoz, cité par Martin, A. 2012.
Fondements esthétiques de la danse).
Les SENSATIONS « percepts et affects, sont des
êtres qui valent par eux-mêmes et excèdent tout vécu » (Deleuze et
Guattari 1991). L’IMAGINAIRE est
« le moteur profond de la sensation, et par là même, le moteur de la
danse » (Bernard, 2001).
Comme un CHIASME (Bernard, 2001) intérieur entre un
mot et une chorégraphie, une écriture et un texte, une sensation et
l'énonciation, mon œuvre se développe.
« L’articulation étroite entre le percevoir et le
dire, entre l’acte de énonciation et l’acte de sensation » (ibidem) L´œuvre
est un DON (Sibony, 2005) dans deux directions : une intérieure et une
extérieure, un cadeau pour moi et un
cadeau pour le spectateur. La CHORÉGRAPHIE et la DANSE sont une dialogue entre la
TRANSPARENCE et le DON (l’œuvre).
(Bourriaud, 2001).
Dans la rupture de paradigmes de genre, de territoire
et de pratiques qui a ma MAISON je fais front continuellement à un DECADRAGE
(Roux, 2009) ou la réinvention dans laquelle les FORCES (Deleuze, 2002) de RÉSISTENCE et DESÉQUILIBRE
travaillent et trouvent sa jointure dans la danse (Roux, 2009) à travers
du mouvement,
énergie, conscience, expérience et
corporéité (Roux, 2007) avec ma condition d’interprète de mon propre Chiasme et la propre allitération de la création (Nancy,
2001).
Les AFFECTS et les PERCEPTS dans la constitution intérieur (Louppe, 1997) de la CHAIR ou
l’essence (Deleuze et Guattari 1991).
Le RYTHME, le TEMPS et la MUSICALITÉ (Fontaine, 2004) sont
éléments de la vie quotidienne, d'un texte, d'une danse, de mon œuvre et de mon
travail comme CHORÉGRAPHE. Tous ces éléments sont relatifs à ma MAISON. Mon
temps et mon rythme sont très différents
de ceux d'autres personnes dans une question métabolique, énergétique et
rythmique. Mon temps dans un processus de création est de plus en plus long et si je reprends le concept de PALIERS, chaque
fois on révèle qu'une œuvre est à l'intérieur d'une autre œuvre future, et
ainsi le temps d'un processus devient aussi infini.
J'ai divisé mon MAISON en quatre grandes chambres,
supérieure, inférieure, droite et gauche. Chacune est divisée en deux pour établir une dualité qui est équilibrée
dans elle même. Chaque chambre possède
différents concepts et des moments du processus créateur.
Supérieur : elle est régie par la tête et le torse. Là se
trouvent ACCIDENT, MOTIF, ÉTAT, THEME, PROPOS, ESPRIT, ÂME, L'IMAGINAIRE et la
SENSATION, les concepts et les chambres où l'idée créatrice est générée, c'est une phase
surtout INTÉRIEUR.
Inférieur : elle est régie par le ventre et le sexe. Là se
trouvent MEMOIRE, TRASGRESSION, GENRE, PARADIGMES, MA RELIGION, FORCE, CHIASME,
DECADRAGE, MUSICALITÉ et moi comme CHORÉGRAPHE. Dans cette chambre habite des
concepts beaucoup plus antiques de mon propre parcours et histoire personnelle,
ils dialoguent et controversent avec d'autres éléments du corps pendant le
processus.
Droite : Ce là où la FAMILLE et la RÉSISTENCE se trouvent, ils sont des
concepts qui freinent et à la fois détonent les processus.
Gauche : On trouve la VILLE, la FORCE et
le DÉSÉQUILIBRÉ, ils sont les concepts qui alimentent constamment le processus
et qui s'amusent à établir une balance.
Centre : Comme une jointure entre les quatre chambres, le nombril se trouve, ainsi
comme les concepts de le CORPS et l'AMOUR, ils sont des concepts qui
soutiennent les autres, ils sont les fondations de mon propre MAISON.
Les axes ou les portes des chambres partent du nombril
vers l'extérieur en exerçant un équilibre avec son autre extrémité.
« J'ai besoin de comprendre » traverse tout la MAISON pour se transformer
dans « J'ai besoin de dire ». La TRANSPARENCE passe d'une
CHORÉGRAPHIE à une DANSE à travers le
DON. La CONSCIENCE, AFFECTS, PERCEPTS et la PERCEPTION traversent ma tête, mon
nombril et mon ventre, comme une baguette ou une colonne vertébrale. Ces
éléments forment une atmosphère conditionnée par MOUVEMENT, RYTHME, TEMPS,
ENERGIE, ALLITERATION, CORPOREITÉ, EXPERIENCE, INTERPRÈTE.
Les PALIERS fonctionnent comme des étapes et des
moments, ils donnent une forme au corps et à une idée pendant le processus de
création.
Références
Martin, A. (2010). Recueil
de textes Fondements esthétiques de la
danse. Montréal, Québec. COOP UQÀM.Heinich, N.
(1999). Pour en finir avec la querelle de
l´art contemporain. París, France : L´echoppe.